Le métier de la conservation-restauration
En premier lieu une définition de la conservation-restauration :
La conservation-restauration comprend les activités visant à stabiliser un objet dégradé ou à améliorer son interprétation ou sa présentation. C’est généralement ce que l’on entend par « restauration d’art ».
L’ensemble de ces activités, que ce soit dans le cadre d’un musée ou dans la pratique privée, répond à des règles très strictes et à des codes de déontologie très précis.
Elle a pour principal objet de stabiliser ou de retarder la détérioration du patrimoine et de réduire les risques futurs sans porter atteinte à l’intégrité matérielle et historique de ce dernier.
Les interventions, qui comprennent le nettoyage, la réparation et la consolidation, entraînent souvent des améliorations ou enrayent les altérations, d’où un état et une apparence visuelle bien meilleurs.
Le type de restauration est déterminé par la nature du patrimoine et par les matériaux qui le composent. Les interventions exigent de la dextérité et une habileté dans l’application et la technique ainsi qu’une connaissance des matériaux.
Les étapes de la réalisation d’une dorure
Une vingtaine d’étapes sont nécessaires partant du bois (des zones à bois ou sculptées) jusqu’à la dorure.
Puis la patine, lorsqu’il s’agit d’une restauration, afin de réintégrer la feuille d’or à la dorure existante sur l’objet. Celle-ci peut également compter un bon nombres d’opérations suivant l’usure et la patine présente sur l’objet.
- L’encollage :
Colle de peau de lapin additionnée de blanc de Meudon, il s’agit de poser une couche d’accroche, bien chaude afin qu’elle pénètre le bois.
L’encollage est passé partout, soigneusement et en piquant la brosse, sans laisser de surplus dans les fonds. - Les blancs d’apprêts :
Colle de peau de lapin/blanc de Meudon plus épais.
Couches de blancs « picots », les formes sont enrobées complètement, la brosse est piquée sur la surface.
Couches de blanc « lissés », passée sur toute la surface, il s’agit de charger en matière la surface des picots en lissant à la brosse afin d’arrondir les formes.
Les formes sont arrondies sans noyer et « embourber » les fonds.
Ces couches sont passées en superposition afin d’obtenir une épaisseur suffisante.
Dernière couche de blanc « lissant », passée sur tout la surface, puis lissée avec une brosse humide et/ou au doigt.
Lorsqu’il s’agit d’une restauration, ces blancs sont passés en épaisseur en respectant le niveau existant.
Si la dorure est neuve une dizaine de passages sont nécessaire, suivant le résultat escompté. - Les bouchages :
Une sorte de mastique réalisé à base de colle de peau de lapin et de blanc de Meudon. Cette pâte sert à combler les lacunes de blancs présentes lorsqu’il s’agit d’une restauration, ou bien d’augmenté rapidement l’épaisseur d’une surface si besoin. - L’adoucissage :
Ponçage de la surface à l’eau avec des chiffons, des brosses, des abrasifs, des bâtonnets de toutes formes, des éponges plus ou moins fermes… - Le ponçage :
Après la reparure, la surface a été éventuellement un peu salie, et il est nécessaire de la parfaire en éliminant les derniers défauts, les dernières rayures.
Ce ponçage se fait à sec avec du papier de verre.
Mais cela n’est pas valable pour tous les styles, car il faut laisser la matière vibrer pour certains d’entre-eux. - La reparure :
Sorte de ciselure et ornementation de la surface à l’aide de fers à reparer qui ont différentes formes pour redonner de la vivacité à la sculpture, redresser les fonds, donner le détail de l’ornementation et créer les jeux de fonds gravés dans l’épaisseur de l’enduit. - L’encollage :
Cette étape réalisée après un dépoussiérage soigneux permet d’éliminer tout reste de poussière, de dégraisser la surface, de jaunir les fonds. Ainsi lors de la pose de la feuille , s’il y a des petites cassures dans les fonds, cela se voit moins.
Colle de peau + diluée et pigment ocre jaune - Coucher de l’assiette :
En deux à trois passages sur les parties qui seront brunies et une à deux passages pour les mats, à plat, avec une brosse plate très fine. Toujours en respectant les styles et l’existant s’il s’agit d’une restauration.
C’est un étape importante car l’assiette qui permet d’obtenir de beaux brillants.
Bolus dilué avec de la colle de peau. - Chiennage de l’assiette :
Avec une brosse dure, appelée « chien », l’assiette est « chiennée », frottée pour enlever les grains, l’adoucir, la satiner et ainsi préparer la qualité des brunis. Cette étape n’est pas toujours nécessaire, cela dépend de la finition que l’on souhaite obtenir. - Posee de la feuille d’or :
Les feuilles sont délivrées dans le coussin, coupées à la taille désirée. La surface abondamment mouillée, la feuille d’or est posée avec la palette. La feuille d’or est happée par l’eau qui la plaque sur la surface. Après séchage, toute l’ornementation qui doit être en finition brillante est polie à l’aide de pierre d’agate. Les éléments qui doivent rester mats reçoivent un très léger film de colle de peau de lapin très diluée.
Si besoin on effectue ensuite un « ramendage » : il s’agit de coller de petits morceaux sur les petits manques.
Enfin,parfois, les zones mates de la dorure reçoivent un matage, colle de peau de lapin très diluée, passée à l’aide d’un rondin. - Vermillonnage :
Autrefois, l’ornementation dorée était parfois rehaussé d’un vernis coloré rouge ou jaune, appelé vermillonnage afin de mettre en valeur le relief sculpté. - Patine :
Usures, mise en teinte à l’aide de glacis…Chaque doreur a ses petites recettes. Mais là encore il faut respecter l’usure et la teinte de l’or, lorsqu’il s’agit d’une restauration afin de se référé à la dorure conservée.
Qu’est-ce que la reparure ?
- La reparure de l’ornementation est une étape essentielle du travail de dorure. C’est le repareur ou la repareuse qui « refont la parure » de la surface de l’œuvre en retravaillant les formes et les détails empâtés par les apprêts.
- En effets, sur un bois sculpté en vue d’être doré, le sculpteur, sachant que le bois va être enrobé par l’enduction (l’épaisseur de l’enduit), ne va pas apporter tous les détails et les jeux de fonds: c’est le repareur qui fait ce travail dans l’épaisseur de l’enduction après l’adoucissage de la surface.
- A l’aide de fers courbes dont les extrémités coupantes ont différentes formes, les fonds sont redressés, les fins détails sont ciselés et gravés, les jeux de fonds sont réalisés afin de faire chanter les surfaces et favoriser ensuite le jeu de la lumière sur l’or.
- Comme on l’a vu plus haut, la reparure est indispensable a un travail de dorure de qualité. C’est l’étape qui va marquer le style en traitant l’ornementation de différentes manières. Une rose, une acanthe ne seront pas traitées de la même façon pour un style Louis XIV ou pour un style Louis XVI . Dans le premier, il y a une luxuriance de détails très fins, on laisse beaucoup de gras aux bout des feuilles et des pétales, il y a beaucoup de jeux de fonds; dans le second, feuilles et fleurs seront reparées jusqu’à leurs extrémités, dans un style plus sobre et dépouillé.
- La reparure va marquer non seulement le style mais la qualité de l’objet : une vilaine reparure sera raide dans son traitement, les angles ne seront pas vifs, l’ensemble sera grossier. Une belle reparure donne une ornementation fine, légère, des angles vifs, des fonds et des carrés bien dressés. En bref, la reparure fait 70% de la qualité du travail final.
